COMMUNIQUÉ : AFR100 lance le défi pour la COP27 de mobiliser 2 milliards de dollars pour le mouvement de restauration des terres mené localement en Afrique

Le Nature and Biodiversity Conservation Union travaille à protéger, restaurer et gérer durablement les forêts éthiopiennes. Crédit photo : NABU

GLASGOW (2 novembre 2021)—D'ici la COP27, qui se tiendra sur le sol africain, les bailleurs de fonds doivent investir 2 milliards de dollars dans AFR100, la campagne menée localement sur le continent pour redonner de la vitalité à 100 millions d'hectares de terres dégradées et déboisées. Jeanne d'Arc Mujawamariya, ministre de l'environnement de la République du Rwanda, Nancy Tembo, ministre des forêts et des ressources naturelles de la République du Malawi, et Mohammad Abubakar, ministre de l'agriculture et du développement rural de la République fédérale du Nigeria, ont lancé ce défi aujourd'hui à la COP26.

La Banque africaine de développement, le Gouvernement allemand, le Fonds pour l'environnement mondial, le Bezos Earth Fund, la Global EverGreening Alliance et le Fonds vert pour le climat ont répondu en annonçant leur intention d'investir de manière significative dans la restauration des terres d'ici 2026 et ont appelé leurs pairs à les rejoindre pour mobiliser ces 2 milliards de dollars de capital d'ici la COP27 en novembre 2022.

« L'Afrique abrite la plus grande opportunité de restauration au monde, avec 700 millions d'hectares de terres dégradées qui peuvent être restaurées. L'Afrique est le continent le plus dépendant de la terre pour ses moyens de subsistance, et le plus vulnérable au changement climatique. L'Afrique doit donc montrer la voie. Nous accueillons chaleureusement les partenariats avec des financeurs ambitieux comme le Bezos Earth Fund », a déclaré Ibrahim Mayaki, directeur général de l'Agence de développement de l'Union africaine (AUDA-NEPAD).

Dans le sillage de la pandémie de COVID-19, qui pourrait plonger environ 30 millions d'Africains dans l'extrême pauvreté, la restauration des terres - avec un rendement de 7 à 30 dollars pour chaque dollar dépensé - est devenue un outil essentiel pour améliorer la sécurité alimentaire et créer des emplois durables. Les impacts du changement climatique rendent ce type de solutions d'autant plus urgent : Le dernier rapport du GIEC montre que plusieurs régions africaines, comme le Sahel, connaîtront une hausse des températures, ce qui aggravera la vulnérabilité des populations et de la nature. Si la désertification continue à progresser de manière incontrôlée, la baisse des revenus des cultures céréalières pourrait à elle seule coûter 4 600 milliards de dollars aux populations africaines d'ici à 2030.

Il est clair que l'Afrique doit restaurer massivement et rapidement la nature et les terres agricoles pour réduire la pauvreté, inverser la perte de biodiversité et stocker les gaz à effet de serre qui réchauffent la planète - et l'action locale est la seule voie vers le succès. Un investissement initial de 2 milliards de dollars dans le travail des ONG, des entrepreneurs et des projets menés par les gouvernements pourrait catalyser un financement de 15 milliards de dollars. Cette somme plus importante pourrait permettre d'amorcer la restauration d'un potentiel de 20 millions d'hectares d'ici 2026 et d'apporter des bénéfices estimés à 135 milliards de dollars à 40 millions de personnes.

« Les communautés locales possèdent et gèrent près de 70 % des terres d'Afrique. C'est pourquoi un avenir où les paysages de l'Afrique rurale sont entièrement restaurés n'est possible que si nous croyons et finançons le travail de milliers de groupes et de dirigeants communautaires, en particulier les jeunes, les femmes et les entrepreneurs », a déclaré Wanjira Mathai, vice-présidente et directrice régionale pour l'Afrique du World Resources Institute (WRI) et Amie de la COP26.

Associés à une architecture financière solide ancrée en Afrique, capable de canaliser des investissements de plusieurs millions de dollars vers des personnes qui restaurent les terres, à une assistance technique approfondie et à un système complet de suivi des progrès, ces investissements donneraient le coup d'envoi de la deuxième phase de l'AFR100. Trente-deux pays ont rejoint ce moteur de reproduction de la restauration et se sont engagés à restaurer près de 128 millions d'hectares depuis la COP21 en 2015.

« L'Afrique est le lieu où l'opportunité est la plus grande, où les besoins sont les plus grands, et où la vulnérabilité au changement climatique est la plus grande. C'est aussi là où l'engagement politique est de plus en plus grand, car les chefs d'État et de gouvernement reconnaissent de plus en plus que l'investissement de leur capital naturel possède l'un des rendements les plus élevés », a déclaré Andrew Steer, président et directeur général du Bezos Earth Fund. "Avec suffisamment de capital flexible, l'éclosion d'un millier de projets et d'entreprises dirigés localement peut concrétiser la vision de l'AFR100, à savoir un travail de restauration de haute qualité qui construit des communautés rurales résilientes au climat et prospères. Comptez sur nous !"

« Un milliard de dollars de financement soutiendra la restauration des paysages, avec un accent initial sur l'Afrique et les États-Unis. Les efforts de restauration en Afrique comprendront la plantation d'arbres sur des paysages dégradés, la revitalisation des prairies et l'intégration d'arbres dans les terres agricoles », ajoute un communiqué de presse publié par le Bezos Earth Fund (en anglais). « Ce travail aidera à conduire des résultats critiques qui comprennent des avantages climatiques, la sécurité alimentaire, la création d'emplois, la croissance économique, la fertilité des sols et une meilleure connectivité entre les zones protégées pour protéger la biodiversité. Le Bezos Earth Fund s'associera à des partenaires appartenant à l'Afrique, dont AFR100, pour offrir ces avantages à grande échelle. »

Pour démarrer cette nouvelle phase de l'AFR100 par une action locale, un groupe de financeurs (Bezos Earth Fund, One Tree Planted, Good Energies Foundation, DOEN Foundation, Lyda Hill Philanthropies et Facebook) a annoncé un investissement initial à l’endroit de ces innovateurs. Après avoir reçu plus de 3 200 demandes de financement dans 31 pays africains, WRI, One Tree Planted et Realize Impact accorderont 100 subventions et prêts de 50 000 à 500 000 dollars américains à des organisations communautaires à but non lucratif et à des entreprises locales. La première cohorte de 20 organisations qui recevront des capitaux de ce "TerraFund pour AFR100" a été annoncée aujourd'hui (détails ici).

« Les maires savent que l'action locale est la pierre angulaire du changement transformateur », a déclaré Yvonne Aki-Sawyerr, maire de Freetown, en Sierra Leone. « C'est en renforçant les capacités des entrepreneurs et des organisations communautaires que nous comptons faire pousser 1 million d'arbres d'ici 2022. Je suis ravie que l'AFR100 aide nos champions à réaliser leur rêve de transformer notre ville en un 'Treetown' (Arbre-ville) qui aidera nos habitants à prospérer pendant des décennies. »

Les partenaires surveilleront et rendront compte de manière indépendante de chaque projet en combinant des techniques de vérification sur le terrain et un suivi par satellite, avec le soutien de la nouvelle initiative Land & Carbon Lab.

« L'AFR100 représente une opportunité pour les secteurs privé et public de démontrer une action transformatrice à grande échelle pour restaurer les terres dégradées. Cette action permettrait non seulement d'atténuer le changement climatique, mais aussi de sécuriser des millions de moyens de subsistance et de chaînes d'approvisionnement agricoles. Des instruments de financement diversifiés sont nécessaires dès maintenant si nous voulons réaliser cette grande ambition d'ici 2030 », a déclaré Charles Karangwa, responsable régional des systèmes fonciers pour l'Afrique, Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Pour en savoir plus sur l'AFR100, consultez le www.afr100.org.

***

A propos d'AFR100

L'Initiative pour la restauration des paysages forestiers africains (AFR100) est une initiative dirigée par l'Afrique qui réunit 31 pays pour restaurer 100 millions d'hectares de terres dégradées d'ici 2030. Elle contribue au défi mondial de Bonn, à l'Agenda 2063 de l'Union africaine, aux objectifs de développement durable, à la Décennie des Nations unies pour la restauration des écosystèmes et à d'autres objectifs. L'Agence de développement de l'Union africaine (AUDA-NEPAD) en assure le secrétariat.

Pour plus d’informations, veuillez contacter Will Anderson à l'adresse will.anderson@wri.org.

Calendrier des événements

Il n'y a pas d'événements futurs en ce moment.